mardi 28 décembre 2010

Au nom d'Edward


“Blossom Day” de Käsebier, 1904 - 1905.
 Il y a un je-ne-sais-quoi qui me fascine dans la période Edwardienne...

Peut-être pour le surnom de "Belle Epoque" qu'on lui donna en France

Pour les longues robes de mousseline blanches, vaporeuses et romantiques,que les jeunes filles portaient à l'époque et qui leur donnaient un air fantômatique et insaisissable

Pour leur beauté incroyable presque irréelle

Pour les canotiers en paille que les hommes portaient au bord de l'eau

Pour les longues balades dominicales autour du lac, à pieds ou en barque, les premiers pique-niques au printemps à l'ombre des ombrelles et des arbres en fleurs

Pour les correspondances épistolaires que les gens s'échangeaient comme autant de témoignages d'un profond attachement

Pour les interminables voyages avant de finalement arriver à destination

Pour les photos en noir&blanc, le flou qui les entoure, l'aura, le mystère de tous ces visages disparus...Pour la poésie qu'il s'en dégage

Pour le temps qui semble comme suspendu, l'ennui qui se lit sur les visages, l'attente, souvent, d'un être, d'un nouveau jour...

Pour être comédienne dans un cabaret ambulant comme Colette. Pour la rudesse, la vie de bohème, la mauvaise réputation qui accompagnent cette profession à l'époque

Pour le dilettantisme de Proust, la douceur de vivre, les illustrations publicitaires de Mucha

Parce que ce temps parait à la fois si loin et pourtant si proche...Parce qu'il me rend nostalgique d'une vie que je n'ai pourtant pas connue

Parce que je me rêve modèle éphémère de l'un de ces tableaux vivants, muse de Steichen ou de Stieglitz

Parce que j'aurai aimé être contemporaine de Beatrix Potter et lire les nouvelles de Katherine Mansfield au pied d'un arbre de la demeure familiale ou regarder la pluie tomber derrière une fenêtre poussièreuse, perdue dans mes sombres pensées

Pour les soeurs Stephen (Virginia Woolf&Vanessa Bell), enfin, parce qu'elles ne cessent de me fasciner et de m'inspirer, en tant qu'artistes et que femmes. Parce qu'elles restent des icônes absolues même si loin du temps de Bloomsbury


Virginia&Vanessa Stephen, Partie de Cricket
"The Bathroom" de Clarence H. White, 1906
Photographie de Paul de Haviland

Photographie de Eva Watson Schütze
"Mother and daughter", 1909
Louise Carbasse photographiée par Rudolph Buchner, 1913

Laurette Taylor photographiée par White, 1913

Miss Geraldine Ferrar
Melpomene Landon Rives photographiée par Edward Steichen
Ps: Toutes les photos (sauf celle des Soeurs Stephen) sont extraites de mon nouveau lieu de perdition et d'obsession personnel Edwardian Era...Si je peux me permettre de vous donner un conseil, laissez-vous glisser dans votre canapé, une tasse de thé chauffante à portée de main, et ouvrez grand vos mirettes! Ce site est un véritable voyage dans le temps!