jeudi 7 octobre 2010

Bang, bang...Xavier Dolan shot me down ♥












Xavier Dolan,
Depuis le dernier festival de Cannes, en mai dernier, on entend parler que de lui...Allure de James Dean moderne et intello, son joli minois est dans tous les magazines et journaux les plus hypes du moment, son look est décrypté, copié, adoubé même...En bref, on assiste à ce qu'on pourrait qualifier de "Phénomène Dolan". Pour preuve, MK2, le distributeur français de son dernier film, lui offre une qualité d'exploitation rarissime pour un projet d'une si petite envergure financière...Déjà, en 2009, son premier film, J'ai tué ma mère, avait crée l'évènement sur la croisette. Un an après (cette année donc si vous suivez bien :) ), il revenait présenter Les Amours imaginaires, film, comme l'explique l'intéressé sur les "signes" amoureux, véritable ode aux coeurs brisés, bafoués, catégorie dans laquelle il se place volontiers. Le plus drôle dans l'histoire c'est que le jeune Québécois n'a que 21 ans...Excusez du peu!
De loin, Xavier.D a tout pour énerver, pourtant je l'avoue, dès le visionnage de la bande-annonce de son (déjà) deuxième long-métrage, je suis tombée complètement sous le charme de ce réalisateur. C'est donc avec une grande appréhension et surtout une bonne dose d'excitation que j'ai (patiemment)attendu sa sortie française, le 29 septembre dernier.
Et là...Le choc, la révélation. Le cinéma, le vrai, n'est pas mort! A l'heure où les films deviennent de plus en plus de simples attractions visuelles ( en témoigne l'innombrable masse de films en 3D qui squattent les salles de cinoche depuis le succès planétaire d'Avatar...Je vous épargne les titres tous aussi inspirants les uns que les autres), où le numérique s'impose dans tous les cinémas, même les plus modestes,un pti mec d'une vingtaine d'années revient à un cinéma presque à l'ancienne. S'inspirant très largement de la Nouvelle Vague, et tout particulièrement de Godard si vous voulez mon avis, à tel point qu'il en est presque un hommage, Les Amours imaginaires est un film à part dans la production cinématographique actuelle. Certains vont sans doute hurler face aux interminables ralentis qui ponctuent l'ensemble du film, oui mais justement, cette façon de prendre son temps est en soi, à elle seule, une petite révolution. Autre point fort: sa façon si poétique de filmer les scènes d'amours, qui en deviennent presque des tableaux entre classicisme et pop-art...
Au final, ses Amours imaginaires sont un objet cinématographique intemporel, singulier même...En témoigne, la mixité de la bande-son qui va d'Indochine à Dalida, en passant par Wagner, les costumes où robes fifties se partagent la vedette avec des vêtements plus contemporains, la cohabitation de la lettre à cachet, du téléphone et de la machine à écrire... Dolan livre un petit bijou pop et arty (oui intello-bobo,aussi, si vous voulez), un cinéma riche et intelligent,truffé de références diverses...Le manifeste d'un réalisateur sur lequel il va falloir compter et ça tombe bien puisque son troisième film, Laurence Anyways est déjà en préparation, avec dans le rôle titre Louis Garrel, fantasme de dernière minute dans Les Amours et autre héritier de la Nouvelle vague.

Une seule chose est sûre, mon petit coeur de cinéphile bat pour ce jeune réalisateur depuis qu'il est sorti de la projection...Et cet amour-là, lui, n'a rien d'imaginaire.

1 commentaire:

  1. Très joli article Mamselle ! Bravo ! Quelle plume ! Cela me donne très envie de voir le film : )

    RépondreSupprimer